Trouvé lors d’une vente, voici le laisser-passer signé par le directeur des affaires civiles de l’Algérie, Gustave Mercier-Lacombe pour Victoire Chapotin et ses filles qui, deux ans après l’arrivée de Jacques Chapotin et sa fille Ernestine, arriva à Cherchell puis Zurich en décembre 1848. La lettre est destinée au Commandant la place de Cherchell, Charles Vergé.

Lettre de passage de la famille Chapotin signée par Gustave Mercier-Lacombe. Archives personnelles de l’auteur.
Alger le 12 novembre 1850
Gouvernement Général de l’Algérie
Secrétariat Général
Colonel,
J’ai autorisé l’embarquement pour Cherchell sur le bateau de la correspondance de l’est de ce jour de la dame Chapotin, femme d’un colon de Zurich qu’elle va rejoindre. Je vous prie de donner des ordres pour que cette dame soit transportée de Cherchell à sa destination ainsi que ses 4 enfants.
Toutefois la Dame Chapotin et ses enfants ne toucheront les rations de vivres que lorsque leur position sera régularisée. Leur position n’a pas encore été notifiée par Monsieur le Ministre de la Guerre. Veuillez inviter le Directeur de Zurich à se conformer à ces prescriptions.
Le Gouverneur Général, pour le Gouverneur et par son ordre,
Le Secrétaire Général du Gouvernement
Mercier-Lacombe
En consultant les archives d’outre-mer à Aix en Provence, on a pu retrouver tout le dossier Boucaut/Chapotin dans le classeur de la concession. Une copie, signée par le Commandant Vergé de la place de Cherchell, du document présenté en page précédente était présente dans le dossier. Comment ce document original a pu se retrouver dans la nature ???
L’autorisation de Mercier-Lacombe précisait que Victoire Boucaut-Chapotin devait « régulariser » sa situation avant de pouvoir bénéficier des vivres alloués lors des premiers temps de la colonie, avant que les cultures aient pu produire. Le Général de la Subdivision de Milianah, Camou, s’insurge car le Ministre de la Guerre a pleinement autorisé l’installation de la famille Chapotin et son regroupement. Une erreur administrative ?
Milianah, le 17 décembre 1850
Mon cher Général,
Le 18 septembre dernier, vous m’avez informé que par décision du 4 septembre, M. le Ministre de la Guerre avait autorisé la dame Chapotin a se rendre, avec ses quatre enfants, auprès de son mari, colon à Zurich, pour lui être adjointe. Vous me précisiez en conséquence de faire procéder à l’installation de cette famille, dès son arrivée, et vous m’envoyiez son soutien complet.
Les ordres sont tellement nets que je ne puis m’expliquer, qu’en l’attribuant à une erreur, la dépêche dont je vous transmets ci-joint la copie établie par Mr le Colonel Vergé.
J’ai l’honneur de vous prier de vouloir lui demander à Mr le Gouverneur Général qu’il revienne sur la décision qu’il a prise le 12 novembre dernier, et que les vivres soient alloués à toute la famille Chapotin, dont l’installation à Zurich a été autorisée par Mr le Ministre de la Guerre à la date du 4 septembre dernier.
Recevez mon Général, l’assurance de mon attachement,
Le Général commandant la Subdivision, signé Camou
Finalement, le 17 décembre, Mercier-Lacombe répond au Général de ne se conformer qu’à son instruction du 17 septembre qui notifiait l’autorisation du ministre. La lettre précisant que Victoire devait régulariser sa situation avant de toucher les vivres est donc certainement une erreur administrative… qui a empêché la famille Chapotin de bénéficier de cette aide pendant un mois.
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