Les diligences en Algérie

Dans l’imaginaire collectif, l’image de la diligence est associée à la conquête du far-ouest et des westerns américains. Les attaques de diligences par les indiens y sont monnaie courante (1) sans parler de l’intervention de la cavalerie se portant à la rescousse des colons en danger. Mais il n’y avait pas qu’aux Etats-Unis d’Amérique qu’il y avait des diligences bien entendu car c’était à l’époque le moyen de communication terrestre le plus répandu.

Une diligence aux alentours de Blida vers 1880. Photographe anonyme. Collection personnelle de l’auteur.

Les diligences utilisées en Algérie à cette époque suivaient le modèle des diligences françaises de l’époque, avec des compartiments comme la rotonde, le coupé et la banquette, étaient généralement importées de France, adaptés aux conditions locales, ou parfois construites par des charrons ou des ateliers locaux inspirés des techniques métropolitaines. C’était des machines imposantes et lourdes.

La diligence de Blida. Carte postale de la fin du XIXe siècle. Collection personnelle de l’auteur.

On trouvait à l’avant, le coupé qui avait une forme de « chaise-poste » et pouvait accueillir trois personnes, assez séparées des autres voyageurs, si bien que les dames pouvaient y voyager sans inconvénient et, en louant les trois places pour elles-mêmes et voyager ainsi presque aussi confortablement que dans une voiture privée. Juste à côté se trouvait « l’intérieur », qui admettait six personnes, et qui était affreusement chaud en été. A l’arrière était accrochée « la rotonde » : le réceptacle de la poussière, de la boue et de la mauvaise compagnie. C’était l’endroit le moins recherché des parties de la diligence et le seul intérêt résidait dans son prix bon marché. Enfin il y avait « la banquette » ou « impériale », dont une place à l ‘extérieur, au-dessus du coupé, était assez bien protégée du froid et de la pluie par une capote de cuir et de bois… si on arrivait à y accéder. Elle offrait une place spacieuse et confortable à côté du conducteur, avec les avantages de l’air frais et de la meilleure vue sur le paysage du fait de sa hauteur, et bien loin de la poussière dont jouissaient ceux d’en bas.

La diligence de Chateauneuf à Douera, vers 1870, photographe anonyme. Collection personnelle de l’auteur.

Les grands constructeurs français de l’époque (comme les Messageries Laffitte et Gaillard, ou les ateliers de construction de diligences à Paris ou Lyon) fournissaient des modèles qui pouvaient être adaptés pour l’Algérie, mais il n’existe pas de trace d’un constructeur ou d’un modèle spécifique dominant pour l’Algérie coloniale.

Photographie prise vers 1870, photographe anonyme. Collection personnelle de l’auteur.

(1) J’ose un commentaire ici tout personnel. Alors que ces westerns rencontraient dans les années 1950 et 1960 un vif succès et que la plupart du temps dans ces films les Indiens étaient présentés comme les « méchants » et les colons « les bons », au même moment rappelons-nous néanmoins que les gouvernements américains ne se gênaient pas pour soutenir de près ou de loin la rebellion en Algérie … Alors que l’on sait ce qu’il est advenu des populations natives d’Amérique et leur parcage dans des camps une fois la conquête terminée.

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