La presse à Marengo et alentour

Dès le début de la conquête de l’Algérie de nombreux journaux furent publiés, à Alger et dans les grandes villes bien sûr, mais également dans de plus petites localités. Ces journaux locaux traitaient l’actualité de l’Algérie ainsi que de la France mais faisaient la part belle aux actualités et faits-divers locaux.

Quelques uns, tels que « Le Petit Colon Algérien », ou le « Radical Algérien », bien que d’une diffusion plus large dans la colonie, s’intéressaient particulièrement à l’actualité des villages de la colonisation. Ils sont donc une source importante pour tout chercheur s’intéressant à cette époque en Algérie. Certains journaux étaient plus spécialisés tel que « Le Petit Fanal » à Oran dont l’intérêt se portait beaucoup sur les affaires maritimes. Pour l’histoire de Sigurd Kuhlman, souvent mentionné, ce journal est une source importante.

Si on s’intéresse à l’histoire de Marengo et alentour, c’est à dire tout l’ouest de la Mitidja, on privilégiera principalement outre les deux journaux mentionnés plus haut, au « Tell » de Blida, « Le Réveil de Cherchell » ou encore  » l’Echo du Chenoua » bien que ce dernier était de publication ultérieure.

Dans tous ces journaux, étant donné que les personnages tels que Beauvais ou Lafitte, par ailleurs beau-frères, étaient maires en exercice, on retrouve nombre d’articles les mentionnant tout comme à Alger, le Consul Général Kuhlman. Et à Oran, à partir de 1867, il n’est pas rare de retrouver des traces de Sigurd lors d’un naufrage de bateau, ou d’une vente aux enchères d’une épave ou une publicité en fin de journal. Les informations relatives à ces ancètres sont donc nombreuses et ont pu alimenter de manière importante la rédaction de « Marengo d’Afrique » ou encore « Le Naufrage du Mayumba ».

Entre 1870 et 1880, la rareté des journaux en Algérie s’explique par la conjonction d’un cadre juridique et politique restrictif et d’un écosystème éditorial fragile. Héritée du Second Empire, la censure (autorisations préalables, cautionnements, saisies) est restée plus stricte et plus durable dans la colonie, tandis que les crises de 1870–1871 (guerre franco-prussienne, chute de l’Empire, réorganisation du régime en Algérie, puis répression après l’insurrection de Mokrani) ont comprimé encore la marge de manœuvre de la presse. Avant la loi de 1881 sur la liberté de la presse, le contexte demeurait défavorable, et même après, son application en Algérie est restée partielle. Sur le plan socio‑économique, le marché était étroit, l’alphabétisation inégale et le lectorat francophone surtout urbain, ce qui fragilisait la viabilité des titres. Le coût de l’impression, la rareté des imprimeries, la distribution difficile et une publicité limitée rendaient les journaux souvent éphémères. La presse en arabe, entravée par des barrières administratives et la politique coloniale, s’est peu développée localement à cette date. Enfin, les lacunes du dépôt légal, des pertes de conservation (climat, déplacements de fonds) et, plus récemment, un biais de signalement et de numérisation accentuent aujourd’hui l’impression de « vide » pour cette décennie.

Après 1881, la loi sur la liberté de la presse desserre nettement l’étau réglementaire en Algérie: l’autorisation préalable disparaît, la responsabilité devient surtout a posteriori, et le nombre de titres — surtout francophones — augmente dans les grands centres (Alger, Oran, Constantine). Cette expansion est portée par la baisse des coûts techniques (rotatives, puis linotype), l’essor de la publicité, et une logistique plus efficace (rail, poste, télégraphe) qui améliore la diffusion. Pour autant, la colonie ne devient pas un espace de pleine liberté: des pouvoirs d’exception du gouverneur permettent suspensions et saisies, l’indigénat et, plus tard, les lois de 1893–1894 renforcent l’arsenal répressif, et la surveillance demeure particulièrement stricte pour les publications en arabe. Il en résulte un pluralisme réel mais déséquilibré, dominé par une presse coloniale francophone plus stable, tandis que nombre de feuilles locales restent fragiles et éphémères hors des grandes villes. Enfin, le dépôt légal et les pratiques de conservation s’améliorent, de sorte que les collections de la période 1881–1914 sont globalement mieux conservées et plus continues que celles de la décennie précédente, malgré des lacunes persistantes.

Ci-dessous une liste non exhaustive des journaux d’Algérie, par ordre de création et consultables en ligne sur le site de la bibliothèque nationale de France, Gallica.

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