Les militaires rappellent à l’ordre les Sœurs de Zurich !

journal « L’Atlas » du 10 novembre 1851

En novembre 1851, une affaire fit grand bruit à Zurich et dans les alentours. Les sœurs de Zurich n’avaient pas voulu secourir une pauvre femme en couche et qui venait de décéder. Le journal « L’Atlas » s’en émut sans néanmoins dévoiler tout le dessous des cartes. Les sœurs prétextèrent ne pas avoir à s’occuper de telles «maladies ». Mais de quelle maladie s’agissait-il ? D’un accouchement ? Si le journal signala le fait, il refusa néanmoins de trop blâmer les sœurs de Zurich, préférant fustiger les autorités ecclésiastiques et l’état comme principaux responsables de la situation. Et ce sont les militaires qui vont se chargèrent de sermonner fermement les Sœurs comme le montre la lettre du Commandant Supérieur de la subdivision de Milianah qui écrit au Colonel Vergé, en poste à Cherchell, suite à l’information remontée par le directeur de la colonie de Zurich le 9 novembre.

« Subdivision de Milianah, 2e section
Milianah, le 13 novembre 1851

Mon Cher Commandant,

En réponse à votre dépêche en date du 9 novembre courant n°305, renfermant une lettre de M. le Directeur de Zurich qui se plaint des Sœurs de cette colonie et leur reproche un acte d’inhumanité, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien faire demander à la supérieure de Zurich des explications détaillées sur les faits dont il s’agit. Il serait à désirer que ces explications vous fussent adressées par écrit et que, si l’acte dont il est question a eu lieu réellement, la sœur supérieure vous fît connaître les règles de l’ordre auquel elle appartient, qui s’opposent à ce que les religieuses de cette communauté- donnent leurs soins aux femmes malades de la catégorie de celle qui a succombée à Zurich.

Recevez, mon cher commandant, l’assurance de mes sentiments affectueux.

Le Colonel, Commandant de la subdivision de Milianah par intérim ».

Lettre du Commandant la place de Milianah au Colonel Vergé à Cherchell, datée du 13 novembre 1851. Collection personnelle de l’auteur.

Le Colonel enverra une demande d’explication à la Sœur Supérieure le 15 novembre. Nul ne sait qu’elle a pu être la réponse de la Sœur mais cette lettre semble indiquer que la malheureuse était une prostituée ou peut-être une femme non-mariée (« aux femmes malades de la catégorie de celle qui a succombé »). Les militaires s’insurgèrent et rappelèrent à l’ordre les Sœurs de Zurich !

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