A Marengo, à partir des années 1870, le maitre-charron de la commune s’appelait Charles Joseph Chapotin. Né le 17 janvier 1840 à Belleville dans la banlieue parisienne, il était le 4e enfant de la famille Chapotin – Boucaut. Arrivé en Algérie en novembre 1850 (lire la lettre de passage) avec sa mère Victoire Honorine et ses soeurs Rosalie, Eulalie et Louise. Lors de son mariage avec Marie Claire Fleury, originaire de Marseille, à Marengo le 11 juin 1870, sa profession indiquée est maitre-charron. L’acte civil est signé du commissaire civil de Montagu et les témoins furent, Michel Eugène Beauvais, adjoint au maire et propriétaire à Marengo, Joseph Marie Ovar Lafitte, propriétaire demeurant à Cherchell (son nouveau beau-frère), Josef Kuhlman, propriétaire demeurant à Alger (Josef était courtier maritime et de marchandises mais possédait une propriété à Bourkika (lire la brève correspondante) ainsi que Pierre François Lambert de Maupas, propriétaire demeurant à Bourkika. Lambert de Maupas, lui aussi un des premiers courtiers en marchandises nommé dès la fin de 1844 était en outre l’associé de Joseph (ou Josef en Suédois) Kuhlman. On peut noter que les deux derniers témoins cités sont indiqués comme ne faisant pas partie de la famille alors que Josef était le père du futur beau-frère de Charles Chapotin (son fils Sigurd s’étant marié 6 ans auparavant avec sa jeune sœur Louise).

Photographie montrant Clara Fleury et Charles Chapotin, mariés le 11 juin 1870 à Marengo. Collection personnelle de l’auteur.
Ce document est un des rares actes civils signés par de Montagu. La grande majorité des actes sont, en effet et dès 1867, signé par l’adjoint au maire, Michel Eugène Beauvais. On ne vit que très rarement de Montagu à Marengo car celui-ci, propriétaire d’une ferme dans la région de Bône, n’y venait que par intermittance. On ne distingue pas par ailleurs clairement sa signature sur cet acte de mariage. Etait-il seulement présent ?

Signatures au bas de l’acte de mariage de Charles et Clara, le 11 juin 1870. On distingue, outre celles des mariés, les signatures de Michel Eugène Beauvais, Josef Kuhlman, Pierre Lambert de Maupas et de Victoire Chapotin.
Le charron, ou maître charron, était un artisan spécialiste du bois et du métal. Il concevait, fabriquait, entretenait ou adaptait, réparait les véhicules avant la motorisation, parmi lesquels les voitures communes de transport ou de charge et les engins agricoles et artisanaux : chariot à timon et quatre roues, charrette à brancards, char à bancs, corbillard, binard, tombereau, wagons, charrue simple ou à avant-train, brouette, civière à roues à seize rais, etc. Loin d’être cantonnées à une clientèle rurale ou de professionnels des transports, ses productions sur mesure répondaient au XIXe siècle à une clientèle de cultivateurs, jardiniers, maçons, lavandières, bagagistes, postiers, mineurs, carriers, bouchers…

Photographie anonyme prise vers 1880 en Algérie. Une charrette. Collection personnelle de l’auteur.
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