J’ai évoqué à plusieurs occasions sur ce site le Lion de l’Atlas (voir les articles relatifs aux chasseurs de grands fauves Charles Bombonnel et Jacques Chassaing). En Afrique du nord (Maroc, Algérie, Tunisie) il y avait de nombreux lions dits de l’Atlas également appelés « lions de barbarie ». Il est couramment admis que le dernier spécimen sauvage a vraisemblablement été tué en 1943 à Oujda au Maroc. Mais des bergers prétendent en avoir vus jusqu’au milieu des années 1950…
Mais alors que le lion semblait avoir disparu à la fin du XIXe siècle, le voici qui réapparait dans les années 1910 dans le massif du Chenoua. Georges Brincourt, arrière petit-fils du Général, nous raconte :
« Mon père m’a raconté que son père (1), en revenant de Cherchell en char à bancs, dans les années 1910 et en passant près d’un promontoire rocheux, avait eu la peur de sa vie lorsqu’un lion avait sauté du promontoire par dessus le char à bancs pour s’évanouir dans la nature ! »

Lion de l’Atlas, photographié en 1893 dans la région de Biskra. Photographe « Fernandus » (2).

« Et dans les années 1920/30 il y avait aussi des hyènes en Afrique du nord et donc aussi à Cherchell, des hyènes rayées au museau noir ! Mon père m’a raconté qu’un soir, à la nuit tombée et en rentrant à pied à l’Oued Bellah après être descendu du car Alger-Cherchell et alors qu’il restait environ 1km à pied à parcourir, entre la route nationale et la propriété d’Oued Bellah, il avait été suivi par une hyène à une vingtaine de mètres de lui et dont il entendait le « rire » caractéristique. Il s’était retourné et avait vu deux yeux qui brillaient dans la nuit… Il savait qu’il ne fallait pas courir car la hyène lui aurait sauté dessus. Et lorsqu’il s’arrêtait de marcher, la hyène s’arrêtait aussi…Il a pu arriver à la ferme sans problème, mais avec la peur au ventre ! Heureusement que les hyènes rayées d’Afrique du nord sont solitaires et ne circulent donc pas en meute !! L’épilogue aurait pu être différent auquel cas je ne serais peut-être pas en train d’écrire en ce moment !! »
« Enfin il y avait aussi des loups, dont on entendait les hurlements comme s’ils se répondaient et certains soirs, à la nuit tombée et depuis la maison de la ferme où on habitait avec mes parents et mon frère (j’avais environ 5 ans, en 1942 ) . C’était assez lugubre…. »
(1) Alexandre Brincourt (1874-1949), Grand-Père de Georges, qui a hérité de la ferme de l’Oued Bellah du Général et en a fait une belle propriété agricole.
(2) Cette photographie que l’on retrouve facilement sur internet sans mention de l’auteur, est du photographe Fernand PREYS, qui signait ses clichés du nom « Fernandus » . Né à Béthune le 27 octobre 1856, actif à Biskra entre environ 1890 et 1905. Il possédait un studio à Biskra, près de l’hôtel Victoria, et une succursale à Batna. Il est connu pour être un photographe de grande qualité mais resté relativement discret par rapport à d’autres noms plus célèbres installés ensuite dans la région . Mort à Saint-Maixant le 17 juillet 1923.

Publicité studio FERNANDUS – Coll. Famille Preys. D’après le blog de Gilles Dupont. « Ils ont photographié Biskra ».
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Intéressant cet article sur les lions et hyènes ! J’avoue avoir aussi frémi de peur à la lecture !
J’avoue que j’aime beaucoup ces histoires un peu inattendues