Bourkika (créé le 4 juillet 1855)

Ce centre de population fût envisagé dès février 1835 mais devra attendre le décret du 4 juillet 1855 pour être officiellement créé. La petite ville sera érigée en commune de plein exercice par décret du 25 mars 1874.

Les débuts difficiles de la colonie de Bourkika (1835-1859)
En février 1835, les autorités françaises décident d’établir une nouvelle colonie sur la route entre Marengo et El-Affroun, dans la région d’Alger. Le projet porte sur un domaine de 1 500 hectares, dont une partie nécessite un défrichement important. L’État doit acquérir les terrains par expropriation. Le corps du Génie militaire construit une cinquantaine de logements et installe un système d’approvisionnement en eau, achevés en juin 1840, mais le site demeure inoccupé.
L’arrivée des colons suisses (1851). Début 1851, huit familles valaisannes s’installent avec une modeste aide financière de leur canton. Elles encouragent d’autres compatriotes à les rejoindre, portant rapidement la population à 283 personnes, supervisées par le Capitaine Blanc. Les autorités souhaitent éloigner les célibataires jugés peu productifs.

La catastrophe sanitaire
L’été 1851 marque un tournant dramatique : le paludisme frappe durement la communauté. Les colons, déjà fragiles (problèmes de goitres, anémie, carences), manquent cruellement de moyens. Leur maigre allocation quotidienne permet à peine d’acheter du pain. Le médecin distribue des brochures d’hygiène tandis que le gouvernement augmente légèrement l’aide et envoie du matériel. Malgré cela, en fin d’année, 57 personnes sont décédées et 82 sont parties – la population chute à 144 habitants.

Tentatives de redressement (1852-1859)
En 1852, des travaux d’assainissement sont entrepris et de nouveaux colons arrivent : des Alsaciens et des Francs-Comtois. Mais le paludisme continue ses ravages, particulièrement parmi ces derniers. Le directeur se montre très critique envers les familles suisses, dénonçant leur manque de dynamisme et leurs difficultés sociales. Le partage des terres intervient tardivement, en novembre 1853. En 1854, on compte 45 familles concessionnaires d’origines diverses, avec des appréciations très variables sur leur capacité de travail. Progressivement, grâce aux aménagements sanitaires, notamment autour du lac, la mortalité diminue considérablement (de 238 à 25 pour mille entre 1852 et 1859). Toutefois, en 1859, la colonie ne compte encore que 235 habitants, soit moins qu’à son lancement huit ans plus tôt.

C’est dans ce village que Joseph Kuhlman, alors Courtier Maritime à Alger, acheta une grande propriété de 139 hectares à la fin des années 1850. On l’appelait « La Ferme Saint-Joseph ». En 1874, Octave Fargier-Lagrange, médecin de la colonisation, devient le premier maire de la petite ville (voir la rubrique biographies).

Octave Fargier-Lagrange (1842-1905), Médecin de la colonisation et premier Maire de Bourkika. Collection personnelle de l’auteur.

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