Centre de population agricole créé par décret du 12 août 1854 sur l’emplacement d’une ville romaine ; ville construite en 1863, érigée en commune de plein exercice par décret du 27 mars 1886. L’orthographe Tipasa a remplacé Tipaza par décret du 12 août 1922.
Le site de Tipasa est incomparable, avec la baie et le massif du Chenoua. Situé au débouché ouest de la Mitidja, il constitua dès l’antiquité une escale sur la voie maritime est-ouest de la Méditerranée. Quelques vestiges de l’époque punique y subsistent. Sous la domination romaine, la cité fut florissante : l’ importance des ruines dans le village et ses alentours en témoigne. Les luttes religieuses, entre catholiques et donatistes, la domination vandale amenèrent la ruine de la cité.

La basilique Sainte-Salsa. Erigée au IVe siècle avec les pierres de temples païens (voir la brève correspondante).
Il ne restait en 1830, lors de la conquête, qu’un groupement de quelques familles sur le Haouch-et-Tefassed (la ruinée). Familles berbères, ainsi que les Chenoui qui occupaient le petit massif montagneux du Chenoua. Lorsque l’ouest de la Mitidja entre, en 1848, dans le périmètre de colonisation, Tipasa apparaît comme le débouché logique sur la mer. Un projet de création d’un village d’une trentaine de feux, à double vocation, pêche et agriculture, est arrêté puis différé. Pas de suite non plus à la demande de concession de 600 ha de Godeaux et Renou, qui prennent l’engagement de peupler en 4 ans deux villages de 10 familles. De Malglaive est chargé d’ouvrir la route (Miliana) Marengo-Tipaza (port de Marengo « ). Il préside une commission qui dresse un plan de colonisation de 400 ha, mais le manque d’eau le fera différer.

la première construction de Tipaza, bâtiment qui deviendra plus tard le poste de douane. Photographie de Première maison de la ville projetée à Tipaza, bâtiment qui deviendra plus tard le poste des douanes. Photographie prise en 1856 de Felix Jacques Antoine (1802-1879).
En 1854, un service de douanes et une baraque « à caractère commercial » en marquent seuls l’amorce. Un entrepreneur parisien Auguste Demonchy demande une importante concession. 2672 hectares lui sont accordés le 12 août 1854, contre la somme de 20 000 francs. Il devra construire un village agricole de 50 feux, le peupler, attribuer 10 hectares dont 5 défrichés à chaque colon. L’Etat s’engageait à niveler le périmètre du village, à achever la route Marengo-Tipasa, à construire une église et une école et à alimenter le village en eau.

lettre envoyée de Marengo par Jean-Baptiste Monniot (1), conducteur de travaux à Monsieur Lemaire pour Adolphe Demonchy datée du 9 janvier 1856. Eugène François Lemaire, entrepreneur de bâtiments, était tuteur et oncle du fils d’Auguste Adolphe et demeurait 43, grande rue des Batignolles. Collection personnelle de l’auteur.



le port de Tipaza vers 1880. Collection personnelle de l’auteur.

Une ferme au bled Amett, proche de Tipaza. Collection personnelle de l’auteur.
(1) Jean-Baptiste Monniot deviendra le beau-frère par alliance de Michel Eugène Beauvais lorsque celui-ci épousera en secondes noces Tourpy en 1868.
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