Meurad (crée en 1872)

Par arrêté du 16 mars 1872 le Préfet d’Alger crée la Commission de MARENGO présidée par le capitaine de Malglaive qui va délibérer les 4 et 5 avril 1872 sur la création des centres approuvés par le comité consultatif de colonisation du 18 janvier 1872. Dans le procès-verbal de cette commission, le chapitre qui lui est consacré est intitulé : « Le territoire sur lequel l’établissement du village a été projeté, dépend de la tribu des Beni-Menad. Il est compris dans le ressort de la commune de Marengo pour partie longeant les deux rives du conduit des eaux du barrage de l’oued Meurad et pour le surplus dans l’arrondissement administratif qui a son siège dans cette ville. L’emplacement de ce village a été définitivement fixé sur un point indiqué au plan par une teinte rosée. Il est placé à 4.400 mètres de Marengo sur une éminence suffisamment centrale facile à défendre, et d’où la vue s’étend sur la généralité du pays. Traversé par le chemin de Marengo à la route d’Alger à Oran, côtoyé par les eaux du barrage, les dépenses urgentes,
qui consistent en voies de communication et de conduite des eaux, seraient résolues à peu de frais, notamment l’aménagement des eaux au centre même du village, ne reviendrait pas à plus de 1 000 francs. Le territoire assigné au village, tel qu’il a été délimité, a une longueur moyenne de 5 000 mètres du Sud au Nord, et de 3 500 mètres de l’Est à l’Ouest. Son exploitation serait donc d’assez bonnes conditions de distances. Sa contenance de 1 762 hectares serait affectée :

« 1° à l’emplacement du village et à diverses réserves pour 20 hectares.
2° à 50 concessions à raison de 25 hectares pour chacune d’elles soit 1 250 hectares.
3° à des communaux forestiers et de parcours pour 492 hectares.
D’où un total égal à 1 762 hectares. Ce village, par sa situation et par ses terres, remplirait la double condition de concourir à la sécurité et au peuplement du pays. En effet, d’une part placé sur la pente des montagnes qui dominent le pays de Marengo et de Bourkika, il rendra les indigènes des Beni-Menad moins osés, en cas de révolte, à s’aventurer dans la plaine. D’autre part, la salubrité due à son altitude et à son orientation, l’importance et la valeur de ses concessions, la proximité du marché de Marengo et les rapides communications de la plaine, assureront le bien être et conséquemment le développement de sa population. »

« Messieurs, le Gouverneur Général vous a soumis un rapport dressé par Monsieur de Malglaive, capitaine d’Etat Major, fils du fondateur de Marengo, par lequel, reprenant les projets de son père, il propose d’établir sept villages destinés à assurer la sécurité extrême de la plaine de la Mitidja. Cette question de création de villages doit être envisagée au double point de vue de la sécurité et de la colonisation, conditions qui ont entre elles une telle connexité qu’elles ne peuvent exister l’une sans l’autre. »

Dernier né des 38 villages de la Mitidja, Meurad vit le jour en 1875 en reprenant le nom qui avait été initialement envisagé pour Marengo. Ce village fut élevé proche du premier barrage d’Algérie construit en 1857 ( lire Marengo d’Afrique tome I) sous l’impulsion de Capitaine Victor Esprit de Malglaive.

Le centre de population est créé par arrêté du Gouverneur Général civil de l’Algérie, l’Amiral Gueydon en date du 3 mai 1872. Il est érigé en commune de plein exercice par décret du 19 avril 1888 (à effet au 6 mai), avec les douars Sahel et Beni Merit. Cet arrêté, entérine les propositions de la Commission de Marengo, présidée par Maurice de Malglaive en décidant la création de six nouveaux centres de population française dont celui de Meurad, Yersen et Nador qui seront rattachés à la commune de Marengo.

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