MARCOPHILIE ET HISTOIRE POSTALE

Cette rubrique n’a pas vocation à remplacer les multiples publications relatives à l’histoire postale de l’Algérie mais simplement à présenter quelques pièces intéressantes de ma collection personnelle. Elle se concentrera donc sur les villages de l’arrondissement de Marengo. Pour ceux intéressés par le sujet, je ne peux que conseiller le livre « MARQUES POSTALES & OBLITERATIONS d’ALGERIE » de Ch. ab der HALDEN et E.H. de BEAUFOND de l’académie de Philatélie, paru en 1949 aux éditions E.H. de BEAUFOND. Ce livre est une mine d’or d’informations sur la poste Française en Algérie de 1830 à 1876. On y retrouve une étude très détaillée sur les bureaux, les marques postales, les oblitérations et les timbres de 1830 à 1876.

Le premier bureau de poste de Marengo fût crée en février 1853. A cette époque, il y avait environ 550 habitants dans le village dont 18 étrangers. Les types de cachets permettent d’identifier la nature du bureau de poste dont l’importance était directement lié au nombre d’habitants des villes et villages. Plusieurs types de cachets étaient disponibles, relatifs aux bureaux de distribution (petits bureaux) ou de recettes (plus gros trafic d’échanges).

Les premières marques postales des petits bureaux de distribution étaient de type « cursive » comme dans l’exemple présenté ici. Ces « cursives » ont été remplacées assez rapidement par des cachets ronds entourés de pointillés dits cachets « perlés ». A Marengo, le cachet perlé a été disponible très rapidement après la création du bureau de poste. Ces « cursives » de Marengo sont donc des marques difficiles à trouver de nos jours. En trente ans, je n’en ai vu circuler que 3 ! L’exemplaire présenté ici est d’utilisation tardive car le cachet perlé était déjà disponible depuis près de deux ans. Alors pour quelle raison avoir utilisé ce cachet « cursive » ? Peut-être l’employé des postes dans l’urgence a utilisé l’ancien, n’arrivant pas à mettre la main sur celui en vigueur à l’époque …

Voici deux exemples de cachets de distribution dit « perlés ». La deuxième lettre, datée du 11 janvier 1855 est bien antérieure à la première lettre utilisant la cursive. Elle est de plus émise par le Directeur adjoint de Bourkika dont il me reste à identifier précisément le nom et le parcours.

Le bureau de poste de Marengo devient un bureau de recettes en 1860, la population ayant plus que doublée (1087 français et 137 étrangers en 1860. Le cachet change et perd ses « pointillés ».

Une lettre expédiée de Besançon en 1866 et à destination du docteur Garny (faute d’orthographe) qui était le médecin principal du canton de Marengo (voir le tome I de « Marengo d’Afrique ». Il deviendra un peu plus tard Conseiller Général pour le Canton et sera remplacé par le docteur Octave Fargier-Lagrange dont la biographie est exposée dans la rubrique correspondante.

A partir de 1868, la poste, désireusement de rajouter une indication d’heure de levée du courier va remplacer progressivement ces cachets par un nouveau (dit type 17). Néanmoins les précédents continueront à être utilisés jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Un exemple de type 17 sur une lettre expédiée le 9 mars 1870 à un certain monsieur Beauvais à Paris. Il s’agissait de Louis Eugène Michel Beauvais, avocat et homme de lois à Paris et plutôt connu à l’époque. Cet avocat avait été, en autres, l’avocat du gendre de la mère de Marcel Proust. On reconnait, de plus, l’écriture de Michel Eugène Beauvais sur l’enveloppe. Encore un mystère à éclaircir car il semble acquis que les deux n’étaient pas parents, en tous cas pas de proches parents…

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