De nos jours, il serait imprudent de faire l’apologie de la chasse aux grands fauves au risque de s’attirer les foudres des « bien-pensants ». On a coutume de lire, ici ou là, que les chasses au lion ou à la panthère avait un but essentiellement mercantile au détriment bien sûr des populations locales de l’époque. La vérité, comme souvent, est sensiblement différente à commencer par le fait que ces grands fauves ne peuplaient pas uniquement l’Atlas mais s’approchaient alors régulièrement des villes et il n’était pas rare d’en apercevoir dans la Mitidja à cette époque. Charles Bombonnel était un chasseur de panthères. Né en 1816 à Spoy, près de Bar-sur-Aube et décédé à Dijon en 1890, Bombonnel passera un certain nombre d’années en Algérie et sera considéré comme le spécialiste de la chasse à la panthère.
Arrivé une première fois en Algérie vers 1843 où il restera jusqu’en 1863 puis sera de retour à partir de 1878. Pendant cette première période, il chasse dans la Mitidja, dans les forêts entourant le Lac Halloula et dans la région comprise entre Miliana et Mascara. En 1860, il publiera un livre autobiographique où il raconte ses traques de grands fauves qui décimaient les troupeaux des populations autochtones. Les Caïds ou Aghas viendront le chercher à Alger pour lui demander de l’aide afin de ramener de la sérénité dans les douars et protéger les chèvres, vaches ou même chevaux qui étaient les proies des grands fauves. Il avait l’habitude de loger avec les populations Arabes et ses succès lui vaudront une grande réputation. A chaque campagne réussie, les Caïds organisaient en son honneur des diffas et des fantasias.
Bombonnel recevra la Légion d’Honneur en 1871 pour sa bravoure pendant la guerre de 1870 où il avait levé une légion de francs-tireurs volontaires puis retournera en Algérie à partir de 1878. J’évoquerai ce personnage dans le tome III de « Marengo d’Afrique » qui, avec son ami Jacques Chassaing, spécialiste de la chasse au lion, inspirera à Alphonse Daudet son personnage de Tartarin de Tarascon…
