La basilique Sainte-Salsa de Tipaza

Lorsque la décision fut prise de bâtir la ville de Tipaza dans les années 1856-1857, afin d’en faire le port de Marengo, la présence de ruines romaines était connue. Les arabes l’appelaient Tefassed qui signifie détérioré.

Photographie réalisée en 1856 par Jacques Antoine Felix Moulin issu de l’album «Souvenirs de l’Algérie, Province d’Alger» (1856-1857) ayant appartenu au général Daumas (1803-1871). Gallica BNF.

La légende de Salsa : À Tipasa vivait une jeune femme de quatorze ans mais le glorieux martyre qu’elle y souffrit lui a donné le respect qu’entraîne la maturité de l’âge. Le courage qu’elle montra couvrit de gloire sa jeunesse, à ce point qu’elle parut née pour le martyre. Elle s’était donnée tout entière au Christ, avait foulé aux pieds toutes les séductions et tous les plaisirs de la terre, sachant qu’elle n’était pas née pour le siècle (Source : Les Martyrs, Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu’au XX° siècle en 15 volumes. Traduites et publiées par le R. P. Dom H. Leclercq, moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough De 1903 à 1924).

La Basilique de Sainte-Salsa est dressée au sommet d’une falaise de grès rouge dominant la méditerranée, à Tipaza 60 km à l’ouest d’Alger. Elle fut érigée au IVe siècle avec les pierres de temples païens. Cet endroit, dès l’origine avait reçu le nom de colline des temples. Découverte par l’archéologue Stéphane Gsell (1) et l’abbé Grandidier, la basilique de Sainte-Salsa était ornée de mosaïques dont il ne reste à peu près plus rien aujourd’hui.

Au Ve siècle, toute la nef centrale excepté le tombeau de Fabia Salsa était occupée par une mosaïque ornementale; du côté de l’abside un cadre entoure une inscription commémorative dédiée à Potenti, très probablement un évêque du milieu du Ve siècle. Dans la première moitié du VIe siècle, l’église a subi d’importantes modifications; elle a été agrandie pour atteindre 30 mètres de long, les bas-côtés collatéraux ont été surmontés de tribunes dont les escaliers existent encore de part et d’autre de l’entrée. Au nord, une petite porte ouverte dans le mur mène à une area martyrum (cimetière des martyrs) qui descend en pente vers la falaise. Une chambre quadrangulaire renferme une table à agapes (« mensa »). Au sud, l’église est flanquée d’un enclos funéraire plus somptueux et d’une pièce « des combattants ». À l’intérieur de l’église, le tombeau de Fabia Salsa a été recouvert par un socle revêtu de plaques de marbre et entouré d’une grille. Sur ce socle un sarcophage en marbre représentant la légende de Séléné et Endymion a été posé; en raison de son emplacement central et la sauvagerie avec laquelle il a été détruit, S. Gsell avança l’hypothèse que ce sarcophage a renfermé les restes vénérés de sainte Salsa. Source wikipedia.

(1) Stéphane Gsell, né à Paris le 7 février 1864 et mort à Paris le 1er janvier 1932, est un archéologue et historien français, spécialiste de l’Afrique romaine et plus particulièrement de l’Algérie romaine. Élève de l’École normale supérieure en 1883, membre de l’École française de Rome (1886 – 1890), il exécuta en 1889 les premières fouilles méthodiques dans la nécropole étrusque de Vulci. Il obtient en 1894 son doctorat avec une thèse principale sur le règne de l’empereur Domitien et une thèse secondaire sur Tipaza, De Tipasa Mauretaniae Caesariensis urbe. Nommé professeur à l’École supérieure des lettres d’Alger, il opère des fouilles à Tipasa et explore plusieurs sites antiques de l’Algérie, publiant en 1901 un inventaire en deux volumes Monuments antiques de l’Algérie et commence un recueil des Inscriptions latines d’Algérie, dont il ne peut publier que le Tome I « Inscriptions de la Proconsulaire ». À partir de 1900, il est inspecteur des antiquités de l’Algérie, directeur du Musée d’Alger, en 1919, il est nommé inspecteur général des musées archéologiques de l’Algérie, et en 1912 professeur au Collège de France, poste qu’il occupe jusqu’à 1932. En 1923, il devient membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Son œuvre capitale est l’Histoire ancienne de l’Afrique du Nord rédigée entre 1913 et 1929.

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