On n’a pas attendu le XXIe siècle pour se préoccuper de l’environnement et de la question de la déforestation… La forêt de Ben-Slimane, à quelques encablures de Marengo était une bénédiction dans un pays qui manquait cruellement de bois et forêts. L’aménagement de cette forêt en bois communal, qui fera finalement plus de 250 hectares, fût une possession d’autant plus précieuse, que presque toutes les forêts avaient été détruites en Afrique par l’incurie des populations locales et leur fatal système de défrichement, l’écobuage (1) , qui brûlait cent pour avoir un. L’administration suivait avec attention du développement du village.

Le 3 septembre 1850, le Gouvernement Général, représenté par Gustave Mercier-Lacombe (2) , fit envoyer 1200 arbres à Marengo. La lettre était destinée au Commandant la place de Cherchell, Charles Vergé (voir par ailleurs).

Lettre autographe du Secrétaire Général du Gouvernement, Gustave Mercier-Lacombe, datée du 9 septembre 1850. Collection personnelle de l’auteur.
« Au Capitaine de Malglaive le 4 sept 1850.
Alger le 3 septembre 1850,
Colonel, le courrier de ce jour est chargé de 1200 arbres destinés à la colonie agricole de Marengo.
Vous trouverez ci-joint l’état de ces arbres, classés par essence. Veuillez les faire parvenir sans retard à leur destination ».
Signé Mercier Lacombe, Secrétaire Général du Gouvernement.
Quelques années plus tard, en 1855, les forêts alentour étaient maintenant bien entretenues et on allait pouvoir commencer à les exploiter. Le 13 novembre, le Lieutenant-Colonel Dompartio Nicolai (3) , Commandant en chef de la subdivision de Milianah, autorisa la coupe de perches pour servir aux constructions. Ce sont les colons Reboul et Reneguet qui, moyennant une redevance à l’état et pour quarante années, obtinrent la concession pour l’exploitation des 366 hectares de chênes lièges de la forêt de Bou-Ouïs et Fernen située entre Zurich et Marengo.

lettre du Lt-Colonel Nicolai autorisant des colons à couper des perches dans les forêts aux alentours de Zurich. Collection personnelle de l’auteur.
« Milianah le le 13 novembre 1855,
Mon cher Capitaine, J’ai l’honneur de vous informer que sur la proposition de MM les chefs de services forestiers et notre avis conforme M. le Général de division …, d’autoriser divers colons de Bou-Medfa et Zurich à couper des perches dans les forêts de Draz el Quotas, Bou Rouiz et Taourira pour être employées aux travaux de construction.
Le Lieutenant-Colonel commandant la subdivision de Milianah,
Nicolaï
Lire la suite dans « Marengo d’Afrique », tome I.
(1) L’écobuage ou brûlage dirigé est une pratique agricole ancestrale et, dans son acception première, une technique de préparation d’un espace avant sa mise en culture et un outil de défrichement définitif réalisé sous forme de brûlage. Conduite sur des écosystèmes forestiers dégradés (landes, maquis, garrigue), des prairies ou des pâtures, cette technique qui repose sur une rotation de 10 à 20 ans, consiste à retourner des mottes de terre et de végétation (étrépage), à les laisser sécher puis de les brûler (wikipedia).
(2) Mercier-Lacombe Nicolas, dit Gustave, né le 13 mai 1815 et décédé le 21 octobre 1874 au château de la Chabroulie à Hautefort. Auditeur au Conseil d’État du 1er février 1839 au 14 avril 1844, secrétaire particulier du général Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie en 1841, secrétaire général de la Direction de l’Intérieur à Alger le 14 avril 1844, Sous-Directeur de l’Intérieur et de la colonisation à Oran le 18 janvier 1846, directeur des Affaires civiles (équivalent de préfet) de la province d’Oran le 1er septembre 1847, secrétaire général du gouvernement de l’Algérie (n° 3 du territoire) le 8 février 1849.
(3) Lieutenant-Colonel Dompartio Nicolaï. Né à A Porta d’Ampugnani en Corse. Lieutenant-Colonel à Milianah en 1855. Général de brigade. Chevalier de la Légion d’Honneur en 1845. Officier en 1859 et Commandeur en 1861.
© 2025 marengodafrique.fr – Marengo d’Afrique. Tous droits réservés.
Ce site présente des informations et ressources sur Marengo d’Afrique. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation préalable.