
En avril 1889, Sigurd Kuhlman fait une demande de bourse pour son fils Georges Kuhlman qui vient de réussir l’examen d’entrée de la nouvelle Ecole d’Agriculture de Rouiba (1). Georges est le seul Oranais ayant réussi l’examen. Malgré le soutien de la mairie d’Oran, le conseil général d’Oran refuse la bourse eut égard à la fortune de Sigurd. Cette demande de bourse est la seule source trouvée indiquant les études poursuivies par Georges. Inexistant en 1830 à l’arrivée des Troupes Françaises, l’Enseignement Agricole en Algérie, ne prit son essor qu’en 1881 avec la création de l’Ecole Pratique d’Agriculture de Rouïba. »

La création de l’Ecole Pratique d’Agriculture de Rouïba, en 1881, dont l’ouverture en février 1882, marque le début de l’Enseignement Agricole en Algérie. Elle est l’ancêtre de l’Institut Agricole d’Algérie à Maison-Carrée, Institut qui deviendra l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique d’Alger, l’une des quatre Ecoles Nationales avec celles de Paris, Grignon, Montpellier et Rennes.
Après cette formation qui dura deux ans, Georges gèrera la grande propriété de Bourkika jusqu’en 1895 avant de monter sa propre exploitation à Saint-Cloud, en Oranie.
L’École Pratique d’Agriculture de Rouïba (1881-1905) : Les origines de l’enseignement agronomique en Algérie :
Fondée en 1881, l’École Pratique d’Agriculture et de Viticulture de Rouïba représente la première institution structurée d’enseignement agricole en Algérie. Installée dans la fertile plaine de la Mitidja, à l’est d’Alger, elle visait à former des praticiens qualifiés pour développer l’agriculture coloniale, avec un accent particulier sur la viticulture, essentielle dans un contexte marqué par la lutte contre le phylloxéra et l’adaptation aux conditions méditerranéennes.

Le site choisi était le domaine agricole de Jean Nicolas Decaillet, un agriculteur suisse originaire du Valais, qui en assurait la direction tout en exploitant les terres. Georges Henri Borgeaud, éducateur suisse recommandé par l’inspecteur général français Eugène Tisserand, joua un rôle clé dans la fondation et l’enseignement initial. L’école ouvrit officiellement ses portes en février 1882, fonctionnant comme une ferme-école sur environ 15 hectares. Le programme, d’une durée de deux ans, privilégiait la pratique sur le terrain : travaux agricoles, culture de la vigne, botanique appliquée et techniques viticoles. Les élèves, environ 50 par promotion, venaient de France, des colonies et de l’étranger, attirés par la réputation de l’établissement en matière de formation appliquée.
L’arrêté datant de 1887, précise les conditions d’accès ainsi que le contenu de l’examen d’entrée :
« Les examens d’entrée auront lieu à la Préfecture d’Alger. Les candidats devront fournir les pièces suivantes : Une lettre des parents demandant l’admission à l’examen au concours pour les boursiers, Engagement du père de famille d’acquitter régulièrement le prix de la pension, Acte de naissance, Certificat de vaccination. Pour les candidats aux bourses, délibération du Conseil Municipal attestant l’état de ses ressources et charges. L’examen portera sur les matières suivantes : Langue française, Arithmétique et système métrique, Histoire et géographie de la France, de l’Algérie et de ses Colonies ».

Malgré ses succès – contributions à des guides viticoles et formation de nombreux agriculteurs –, l’école rencontra des difficultés : contraintes financières pour la famille Decaillet, problèmes climatiques et limites structurelles. En 1905, elle fut transférée à Maison-Carrée (aujourd’hui El Harrach), marquant le début d’une évolution vers des institutions plus ambitieuses, ancêtres de l’actuelle École Nationale Supérieure Agronomique (ENSA).

Une dernière photographie retrouvée quelque part continue de m’intriguer. Prise en 1890, il me semble y reconnaitre mon arrière-grand-père Georges Kuhlman à l’arrière plan à droite et appuyé sur le gros arbre …

(1) Rouiba, petite ville dans la banlieue est d’Alger sur la route de Constantine.
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