Le Bordj el Arba

Le mot “bordj” signifie “fort” ou “tour fortifiée” en arabe, et les sources historiques confirment l’existence d’un bordj ottoman à Bordj el Arba tout prêt de Marengo. Ce fort, construit pendant la période ottomane, servait d’abri au représentant du Khaznadji (trésorier) chargé de percevoir les impôts et les taxes auprès des tribus locales, comme les Ichenouaien. Il était situé près du marché souk el Arbâ iselleba (marché du mercredi aux joncs), dans des terres non cultivées couvertes de roseaux, à proximité du lac Halloula (qui a été asséché plus tard). À l’époque, la sécurité était telle que les marchands pouvaient laisser leurs biens sans surveillance la nuit, protégés par la tradition et le marabout Sidi Zid. Pendant la colonisation française, ce bordj a été englobé dans les constructions de la ferme Cox, et le site est devenu un lieu-dit agricole dans la plaine de la Mitidja (1).

Extrait de la carte militaire du canton de Marengo érigée en 1889. En haut à droite on peut voir l’emplacement de l’ancien Bordj. Source ANOM.

Bordj el Arba se situe au pied d’une colline culminant à 126 mètres d’altitude et situé à environ 4,5 km au nord de Marengo. Ce lieu-dit se trouvait trouvait très proche du sinistre lac Halloula, une région devenue fertile mais autrefois marécageuse et infestée de paludisme avant l’arrivée des colons.Sur le plan économique, Bordj el Arba abritait un domaine viticole notable, le « Domaine de Bordj el Arba », qui produisait du vin algérien. La viticulture y était florissante, avec des vignobles plantés à partir de 1880 après l’assainissement des terres, contribuant à la production de vins dans la Mitidja (jusqu’à 127 627 hectolitres en 1955 pour la commune).

La ferme Cox intégrait l’ancien bordj ottoman de Bordj el Arba, qui fut englobé dans ses constructions, transformant le site en un lieu-dit dédié à l’agriculture. On ne dispose donc pas de photographie ou de gravure de l’ancien bordj. Mais pour illustrer ce qu’étaient ces anciens forts ottomans, voici une photo prise en 1894 du Bordj de Seggana sur la piste reliant Batna à Bareka.

Le Bordj de Seggana (ou Segana) sur la piste de Batna à Barika. Photographie prise en 1894 par un photographe anonyme. Collection personnelle de l’auteur.

Un Bordj dans le désert. Tableau peint par Georges Brincourt, arrière-petit-fils du Général Brincourt. Collection personnelle de Georges Brincourt.

(1) d’après « Etude sur le dialecte Berbère du Chenoua » par E. Laoust publié en 1912 aux éditions Leroux à Paris.

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