En cette veille de Noël 2025, j’ai trouvé tout naturel de dire quelques mots de Notre-Dame d’Afrique.

Notre-Dame d’Afrique, photographie personnelle prise le soir du 30 janvier 2012.
L’histoire de Notre-Dame d’Afrique remonte à 1840, lorsque le sculpteur Bouchardon réalise une statuette en bronze de la Vierge Marie, copiée d’une œuvre de 1750. Offerte à Antoine-Adolphe Dupuch, premier évêque d’Alger, elle est initialement placée au monastère de la Trappe de Staouëli.

Une des plus vieilles photographies de Notre-Dame d’Afrique, prise vers 1875. Photographe anonyme. Collection personnelle de l’auteur.
Mais les origines du pèlerinage remontent à 1846, lorsque deux femmes pieuses originaires de Lyon, Marguerite Berger (dite Agarithe) et Anna Cinquin (ou Anne), employées à l’entretien du séminaire d’Alger, placent une petite statuette de la Vierge dans le creux d’un vieil olivier (ou pistachier-lentisque) situé dans un ravin voisin de la résidence épiscopale, dans la Vallée des Consuls. Ce site, rapidement baptisé “Notre-Dame du Ravin”, attire des pèlerins locaux, principalement des chrétiens du quartier de Saint-Eugène (aujourd’hui Bologhine), qui viennent y prier et déposer des ex-voto, transformant ce lieu informel en un centre de dévotion mariale populaire.

Notre-Dame du Ravin. Source : Notre-Dame d’Afrique.org

La ferveur grandissante pousse ces deux femmes à plaider auprès de l’évêque pour un sanctuaire plus digne, inspirant ainsi le projet de basilique. Inspiré par le dogme de l’Immaculée Conception proclamé par le pape Pie IX en 1854, son successeur, Louis-Antoine-Augustin Pavy (évêque d’Alger), décide d’ériger un grand sanctuaire de pèlerinage, comparé à “un autre Fourvière auprès d’Alger”. En 1857, une chapelle provisoire est inaugurée pour abriter la statue, et la fête de Notre-Dame d’Afrique est fixée au 30 avril. Les travaux de la basilique proprement dite débutent le 20 février 1858, sous la direction de l’architecte Jean-Eugène Fromageau.

La basilique est achevée en 1872 et consacrée le 2 juillet par Charles Martial Lavigerie, archevêque d’Alger, qui transfère la statue de la Vierge le 2 mai 1873. Le 4 mai 1873, elle accueille le premier concile provincial d’Afrique des temps modernes. Lavigerie confie sa garde aux Pères Blancs (fondés en 1868) et aux Sœurs Blanches (1869). Élevée au rang de basilique mineure par Pie IX le 30 avril 1876, elle devient un symbole de coexistence religieuse, avec des inscriptions trilingues promouvant l’amour fraternel. Endommagée par le séisme de 2003, elle est restaurée entre 2007 et 2010 avec des fonds internationaux, et classée monument historique algérien en 2012. Aujourd’hui, perchée sur un promontoire à Alger, elle reste un lieu de pèlerinage actif, accessible par téléphérique, et surnommée “Madame l’Afrique” ou “Lalla Meryem” par les Algérois.
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