L’inauguration de la ligne El-AfFroun à Marengo

Lorsque le 21 septembre 1894, la ville de Marengo est enfin reliée au réseau de chemin de fer de l’Algérie, cela faisait 32 ans que la première ligne Alger – Blida avait été inaugurée. Dans cette mini-série dédiée au chemin de fer de l’Algérie, j’évoquerai les nombreuses étapes, controverses et disputes locales qui ont émaillé la création de la ligne reliant El-Affroun à Marengo.
Le principal débat résidait dans le type de voie. Fallait-il construire une voie normale (1,455 m de large) ou pouvait-on se satisfaire d’une voie étroite (1,055 m) ? Le débat fut vif au sein de conseil municipal de Marengo !
Le choix final se porta finalement sur une voie étroite. On appelait ces voies étroites les chemins de fer sur route. La Société des Chemins de fer sur routes d’Algérie (CFRA) fut créée, lorsque le département d’Alger accorda ses premières concessions à un promoteur du nom de Cazes, qui fonda aussitôt la société. L’objectif initial était ambitieux : construire et exploiter un réseau de tramways à vapeur sur routes à voie étroite (1,055 m), couvrant toute la zone nord du département d’Alger — le long de la côte, dans la Mitidja et en Kabylie.

Les débuts
Le 30 septembre 1884, la Mairie de Marengo lance une pétition construire un ligne El Affroun-Marengo – Cherchell. Le Maire, Michel Eugène Beauvais, a pris l’initiative d’envoyer une pétition au Conseil Général Les pétitionnaires font remarquer que le conseil général n’a pas pris en considération suffisamment le bénéfice d’une telle ligne et font remarquer que la gare d’El-Affroun est principalement utilisée par les colons de la région de Marengo, surtout en période des récoltes pendant une période de trois mois. Ils insistent en indiquant que les superficies de Marengo et ses villages satellites (50 000 hectares) sont bien plus importantes que celui d’El-Affroun seul (1100 hectares). La gare de El Affroun est de plus en plus encombrée et les marchandises y séjournent huit à dix jours. On cite par exemple qu’en 1883 une expédition de 1500 sacs de blé resta quinze jours en gare avant de pouvoir prendre son tour de départ.

« tels sont les vœux des colons, commerçants et industriels habitant les communes et annexes de Ameur El-Aïn, BourkikaMarengo, Montebello, Nador, Tipaza, Meurad, Bou-Yersen, Zurich, Marceau, Cherchel, Novi, Le Granit, Gouraya et Villebourg. Les populations qui savent s’y bien étudier leurs affaires, défendre leurs intérêts et montrer leur activité méritent à tous les titres, d’être énergiquement appuyés dans leurs légitimes réclamations ».
Le journal » le Petit Colon Algérien » daté du se félicita de l’initiative et appuya la requête du Maire.


Une longue bataille médiatique allait s’engager, faisant s’affronter les partisans de la voie normale et ceux de la voie étroite …
Dans le prochain article relatif au train en Algérie, j’évoquerai le Général François de Chabaud-Latour, Commandant en chef du Génie en Algérie et initiateur du premier projet de ligne de chemin de fer à travers une lettre unique et confidentielle qu’il envoya le 9 juin 1855 au Gouverneur Général de l’époque, le Général Randon.

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