Le 10 février 1887, alors qu’il venait, six mois auparavant, d’être nommé deuxième suppléant du juge de Paix de Marengo, le docteur Octave Fargier-Lagrange, finalement déclina en précisant, tel qu’indiqué dans son dossier de magistrat, que sa circonscription médicale dorénavant les thermes d’Hammam Rhira. Il était de plus maire de Bourkika depuis 1873 et n’avait plus de temps disponible pour cette fonction, non rémunérée, de suppléant du juge de Paix.


Lettre du docteur Fargier-Lagrange, maire de Bourkika, au procureur de la République de Blidah en date du 10 février 1887. Archives du ministère de la justice.
La station thermale de Hammam Rhira (aujourd’hui orthographiée Hammam Rhigha) était située à 24 km au sud de Marengo, en direction de Milianah ville à laquelle elle était rattachée administrativement. La station se trouvait à 640 mètres d’altitude, dans un cadre naturel boisé et montagneux, offrant un climat doux et pur et idéal pour la détente et la santé. Les thermes ont été découverts en 44 av. J.-C., ce qui en fait l’une des plus anciennes stations thermales d’Algérie. Ses eaux thermales, riches en sels minéraux, étaient réputées pour leurs vertus curatives, notamment contre les rhumatismes, les séquelles de traumatismes, l’anémie et les troubles nerveux.

Hammam Rhira, déjà connue depuis l’Antiquité romaine sous le nom d’Aquae Calidae, a été redynamisée et modernisée pendant la période coloniale française. Les Français ont reconnu très tôt le potentiel thérapeutique des eaux thermales de la région et ont développé la station pour en faire un lieu de cure et de villégiature prisé, notamment pour les militaires et les civils européens. La redynamisation moderne de la station thermale de Hammam Rhira par les Français a débuté en 1877, lorsque l’entrepreneur Ariès Dufour a signé un bail avec l’État pour la mise en valeur des sources minérales et thermales. Ce bail prévoyait la création d’une station thermale moderne, dotée de tout le confort de l’époque. Un arrêté du 14 juillet 1878 a officiellement acté la création d’un village de 21 feux en face de l’établissement thermal, marquant ainsi le début de l’aménagement organisé de la station. Les travaux et le développement se sont poursuivis activement par la suite, notamment après la répression de la révolte de 1871, qui avait temporairement interrompu les activités sur le site.

Hammam Rhira est devenue une destination prisée des colons français et des Algériens aisés, attirés par la réputation de ses eaux et la douceur de son climat. La station était particulièrement fréquentée en automne et en hiver, périodes où le climat méditerranéen était jugé bénéfique pour la santé.
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