J’évoque ici la place forte de Boghar car c’est dans cette petite ville, siège d’un camp militaire important que naquit, le 18 juin 1847, Eugène Néron, fils de Jérémie Louis et Marie Madelaine Néron. Il épouse Euphémie Louise Beauvais le 22 février 1873 à Marengo avec pour témoins, Maurice de Malglaive et Sigurd Kuhlman (voir la rubrique Biographies). Son père occupait alors la fonction de concierge aux bâtiments militaires.

Situé à 70 km au sud de Médeah et 213 km d’Alger, Boghar était une place stratégique depuis l’Antiquité. Dès l’époque romaine en effet, la petite ville, alors appelée Voncaria, était un lieu de passage et de contrôle. Au XIXe siècle, l’émir Abd el-Kader y construit un fort en 1839, en raison de sa position dominante sur les Hauts Plateaux de la province d’Alger. Ce fort permettait de surveiller les mouvements des tribus nomades et de contrôler la région. En mai 1841, le général Baraguay-d’Hilliers (1) arrive en vue de Boghar et trouve le fort incendié par les troupes d’Abd el-Kader, qui se retiraient. Les Français prennent alors le contrôle du site. En 1843, ils restaurent les vestiges du fort et y établissent un poste militaire permanent, marquant le début de leur installation durable. Ce poste comprend un hôpital, une caserne, une manutention, un pavillon des officiers et une maison du Génie. Le 35e Régiment de ligne s’y installe, et des soldats libérés de leur service, ainsi que des commerçants et des ouvriers, obtiennent des lots de terre autour du fort. C’est ainsi que le village de Boghar est officiellement créé en 1843. Les Français francisent le nom arabe « Boukhari » en « Boghar », marquant une rupture avec la toponymie locale.

(1) le général Baraguay-d’Hilliers : Louis-Achille Baraguey d’Hilliers (6 septembre 1795 – 6 juin 1878), 1er comte Baraguey d’Hilliers , était un maréchal de France et un homme politique. Il se distingua en Algérie , où il fut promu colonel après la prise d’ Alger en 1830. En 1834, Baraguey d’Hilliers fut nommé vice-gouverneur de l’école militaire de Saint-Cyr , promu général de brigade en 1836 et nommé commandant de cette école. Envoyé en Algérie en 1841, il fut promu général de division en 1843 et nommé commandant de Constantine . Mis en réserve en 1844, il fut réintégré en 1847 et nommé inspecteur général de l’infanterie.
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