
L’histoire de la carte postale commence en 1865, lorsque Heinrich von Stephan, conseiller des postes prussien, propose l’idée d’un « feuillet cartonné de correspondance circulant à découvert ». L’idée est rejetée. Il faut attendre 1869 pour que l’économiste autrichien Emanuel Herrmann en pose la première codification.
En France, la carte postale naît dans le chaos de la guerre franco-prussienne de 1870 : lors du siège de Paris, des « cartes-poste » légères sont expédiées par ballons montés hors de la ville assiégée. La loi du 20 décembre 1872 l’officialise définitivement. Plus de 7 millions d’exemplaires sont vendus en une semaine.
Dès 1873, les commerçants impriment des publicités et réclames au dos de la carte. Un décret du 26 octobre 1875 libéralise la production privée. L’Exposition Universelle de 1889 marque un tournant avec la « Libonis », première carte illustrée d’une gravure de la Tour Eiffel, tirée à 300 000 exemplaires. En 1891, le Marseillais Dominique Piazza invente la carte postale photographique. En 1904, le recto est divisé en deux parties — message et adresse — libérant tout le verso pour la photographie. La production bondit de 100 millions d’exemplaires en 1910 à 800 millions en 1914, faisant de la carte postale le principal média d’images de l’époque.
L’Algérie française constitue un terrain particulièrement fertile pour la carte postale, qui y joue à la fois le rôle de carte de vœux, de document publicitaire et de vitrine de l’empire colonial vers la métropole. Vers 1895, l’imprimeur Neurdein lance les premières grandes séries couvrant les villes du Maghreb, s’alliant plus tard avec Léon et Lévy sous l’étiquette LL. En 1897, Jean Geiser, photographe installé à Alger depuis son enfance, constitue à partir de son fonds colossal de clichés une collection de cartes qui fera date. À partir de 1900, P. Satragno développe à son tour l’entreprise Idéale P.S., spécialisée dans les vues urbaines et les scènes de la vie coloniale.
Cette carte postale « Capdebielle – Loueur de Voitures – Marengo » s’inscrit parfaitement dans cette histoire. C’est une carte publicitaire de commerce : l’entrepreneur l’a fait éditer pour montrer sa façade, ses attelages, son personnel et son activité — à la fois réclame et carte de visite envoyable par courrier.
Affranchie d’un timbre Semeuse à 10 centimes (en usage de 1903 à 1920), elle date vraisemblablement des années 1905-1915, en plein âge d’or de la carte postale.
Les cartes postales n’étaient donc pas rares mais celles qui présentaient un caractère publicitaire, comme celle présentée ici, étaient publiées à peu d’exemplaires. Ces cartes commerciales constituent aujourd’hui une source historique précieuse : elles immortalisent des métiers, des rues, des visages et des enseignes que nulle autre archive n’aurait conservés.
Les voitures de louage : héritières du fiacre
À la fin du XIXͤ siècle et au début du XXͤ siècle, avant que l’automobile ne s’impose progressivement, le transport hippomobile constituait l’épine dorsale de la mobilité en Algérie coloniale, tant dans les villes que dans les bourgs ruraux.
Le système des voitures de louage — équivalent algérien des fiacres et cabriolets de la métropole — était directement calqué sur le modèle français. On distinguait principalement : Les voitures de place, louées à l’heure ou à la course pour les déplacements urbains et périurbains ; les breaks et omnibus, capables de transporter plusieurs passagers sur de plus longues distances, reliant par exemple les villages entre eux ou les localités aux gares de chemin de fer ; les voitures de camionnage, tirant des charges lourdes : denrées agricoles, matériaux de construction, marchandises commerciales.
Les diligences et les relais de route
Sur les grands axes de l’Algérie coloniale, les diligences assuraient les liaisons régulières entre les villes. Des photographies d’époque montrent ces lourds véhicules attelés de plusieurs chevaux, faisant étape à Blida, Laghouat, Menerville ou Maison Carrée. Certains de ces services fonctionnaient encore après 1900, en complément du chemin de fer qui ne desservait pas toutes les localités.
Dans les bourgs comme Marengo, les loueurs de voitures jouaient un rôle crucial : ils permettaient aux colons agriculteurs d’acheminer leurs récoltes vers les marchés, aux familles de se déplacer vers Alger ou Blida, et assuraient le transport des marchandises livrées par le train jusqu’aux fermes et domaines de l’intérieur.
Un métier qui se double souvent d’une sellerie ou d’une ferronnerie. Comme l’illustre parfaitement cette carte postale — avec l’enseigne de ferronnerie visible à gauche —, les loueurs de voitures exerçaient souvent leur activité en lien étroit avec d’autres corps de métier liés au cheval et à l’attelage : maréchal-ferrant, sellier, charron, bourrelier.
Marc Théophile Capdebielle est né le 18 mai 1871 Lamayou (Pau) dans les Basses Pyrénées. Il épouse Marie Rosalie Hortense Schellenberger le 18 juillet 1901. Il était le fils d’Augustine Capdebielle et de père inconnu. Sa mère était décédée le 30 octobre 1880 à Chebly entre Alger et Blida. Elle était tisserande. Capdebielle deviendra chevalier du Mérite Agricole en 1925 et officier en 1933 . Cocher, négociant en lait et fondateur de la « Société des transports Automobiles du Chenoua ».
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