La ferme du Val de Louise

Juillet 1860, Ernest Feydeau qui accompagne le Général Yusuf jusqu’à Marengo et Cherchell, demande à celui-ci : « Comment se nomme cet endroit, mon cher général? demandai-je.
— La ferme du Val de Louise répondit Yusuf.
— Voilà un nom très-poétique. – Je l’ai toujours pensé ! – Et ce beau noir, comment se nomme-t-il? – Ahmed. – Vous allez dire que je suis le plus fatigant des compagnons de voyage, mais il faut que je vous pose encore quelques questions ».

Lire la suite dans « Marengo d’Afrique », tome II…

J’évoque ce passage écrit par Ernest Feydeau, père du célèbre dramaturge, afin de rendre hommage encore une fois au Général Yusuf (voir les biographies correspondantes sur ce site). Yusuf, en effet, en avance sur son temps était un partisan du mélange des populations. A la ferme du Val de Louise, tenue par un couple de vieux colons Suisses arrivés une dizaine d’années plus tôt en Algérie et qui s’étaient installés là, entre Ameur el Aïn et Marengo. Ils avaient déjà essuyé nombre de malheurs dont la mort par excès de fatigue de leur fils ainé. Leur fille, Louise s’était rapprochée de l’unique serviteur de la famille, Ahmed. C’était un grand et beau noir et bien sûr cette idylle faisait jaser dans le voisinage. Mais le bon Général Yusuf veillait lui qui avait pris sous sa protection la petite famille sous les recommandations de l’Empereur Napoléon III.

Louise et Sy-Ahmed, comme on l’appelait dorénavant à cette époque, venaient de se marier et toute la petite famille semblait heureuse. Malheureusement le texte de Feydeau, jamais publié de surcroit, ne mentionne pas le nom de famille. Qui pouvaient-ils être et où était située cette ferme du Val de Louise qui est nulle part mentionnée dans les textes de l’époque ?

Concernant la localisation, le texte indique : A mi-chemin entre Ameur-el-Aïn, une colline basse plantée d’arbustes ; au pied, une maisonnette à l’entrée d’un vallon étroit ; une source y naît ou y passe, arrose un verger, puis file vers le lac Halloula au loin ; enfin, la concession de 12 hectares couvre les terres « entre le pied de la colline, le vallon et ces deux routes ». « une maisonnette presque au niveau de la route, juste au‑dessus de la confluence de ces petits cours d’eau, à l’entrée du vallon humide qui descend ensuite vers le « Cimetière Oued Oumdiha ».

Sur la carte topographique du Canton de Marengo établie en 1899, près de Bourkika : au sud de la route principale, on voit le début des reliefs (collines, vallons) avec quelques ruisseaux bleus qui descendent ; un ou plusieurs chemins nord–sud rejoignent la route à hauteur de Boukika ou juste à côté ; ces éléments forment exactement la configuration possible d’un triangle limité par : la route Marengo–Ameur, un chemin remontant vers les collines, le pied de ces collines / le vallon.

Je fais grâce au lecteur de la technique qui m’a permis de localiser très précisément la ferme du Val de Louise mais je suis pratiquement certain cet emplacement. Nous pouvons remarquer l’emplacement de la ferme Kuhlman à environ un kilomètre en direction d’Ameur-el-Aïn.

Reste à identifier précisément les personnes… On sait que Louise, de nationalité Suisse et Ahmed étaient mariés et qu’ils avaient deux enfants. Les éventuels actes civils, naissances ou mariages ne pouvaient être recencés dans la région qu’à Marengo, Bourkika ou Ameur-el-Aïn. Mais je n’ai pas encore pu retrouver de trace serieuse. L’énigme perdure …

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