Le 10 novembre 1855, Rosalie (Rose) Chapotin, pionnière de Zurich et Marengo se marie avec un jeune commis négociant de Cherchell. Joseph Marie Ovar lafitte a commencé dans la vie active comme commis de Michel Eugène Beauvais avant de devenir Maire, Premier suppléant du Juge de Paix de Cherchell ainsi que Conseiller Général (lire « l’Affaire Lafitte).
A l’époque de l’arrivée de la famille Lafitte en Algérie, la présence des français dans l’ancienne ville Romaine était toute récente. Tout avait commencé avec une banale cargaison de pommes de terre….


Rosalie Ernestine Chapotin était la deuxième fille de Jacques Joseph Chapotin et Victoire Boucaut et était née en 1837 à Belleville. Elle a 18 ans lors de son mariage. Quant à Ovar Lafitte, il était né le 11 mai 1832 à Mont-deMarsan dans les Landes.
Dans le dossier de magistrat d’Ovar, on y apprend que les Lafitte sont arrivés en Algérie en 1843. On ne trouve pas de trace de Jacques le père, sauf dans l’acte de mariage de sa fille où il est indiqué comme Adjudant en second aux Subsistances militaires et âgé de 42 ans. La sœur ainée d’Ovar se marie le 27 novembre 1843 à Cherchell avec un dénommé Florent Guittard. Il s’agit d’un des premiers mariages parmi les nouvelles familles de colons installés à Cherchell. Malheureusement Marie décède peu de temps après en 1845. A la mort de son mari, la mère, Anne Lagardère reçoit une concession pour la maison que le couple occupait. Sur le document conservé aux archives d’outremer, on peut lire qu’elle vient de perdre sa fille ainsi qu’une petite fille. Marie aura probablement perdu la vie en donnant naissance à une petite fille. Un an plus tard, son mari Jacques décède lui aussi.
Sur l’acte de mariage de Marie Lafitte et Florent Guittart (employé et natif de l’Oise), le 27 novembre 1843, le père, Jacques Lafitte, est toujours vivant. Deux autres « Lafitte » apparaissent sur cet acte de mariage sans être mentionnés en tant que témoins : Nathalie Lafitte et Sophie Lafitte. Il s’agit probablement de deux sœurs.
La famille Lafitte était arrivée en 1843 en Algérie. L’information nous est donnée dans le dossier de juge de paix d’Ovar Joseph Lafitte, né en 1832 à Mont-de-Marsan. Le document ci-dessous correspond à la délibération du conseil relatif à la concession à perpétuité concédée le 17 juillet 1847, par le Gouverneur Général sur proposition du Conseiller Rapporteur M. Ballyet, moyennant une rente annuelle de 80 francs. Il s’agissait d’une maison avec jardin d’une contenance de 383 m2. Il est indiqué de plus que madame Lafitte « a déjà fait des dépenses dispendieuses à la maison qu’elle occupe déjà à titre de location » et « est digne d’intérêt pour les pertes qu’elle a successivement éprouvées à Cherchell, de son mari, de sa fille et de sa petite fille ». La proposition est approuvée. Joseph Ovar Lafitte avait 11 ans lorsque la famille est arrivée en Algérie. Anne Lagardère , sa mère, décèdera à Cherchell le 14 août 1869

A l’époque de l’arrivée de la famille Lafitte en Algérie, la présence des français dans l’ancienne ville Romaine était toute récente. Tout avait commencé avec une banale cargaison de pommes de terre….
Le 26 décembre 1839, le brick de commerce Frédéric-Adolphe, commandé par le capitaine Jouve et chargé de pommes de terre en provenance d’Oran à destination d’Alger, tombe dans un calme plat à la hauteur de Cherchell. Une cinquantaine de Kabyles de la montagne, armés jusqu’aux dents, le repèrent depuis le rivage, s’élancent à bord d’une tartane arborant pavillon rouge, et s’emparent du navire immobilisé. Le capitaine, sans armes pour résister, met sa chaloupe à la mer et arrive à Alger à une heure du matin avec son équipage et ses passagers.
La réaction française est foudroyante. Dès le 27 décembre au matin, les bateaux à vapeur Le Sphinx et Le Crocodile se dirigent sur Cherchell. Ils trouvent le Frédéric-Adolphe entièrement démâté dans le port, ses agrès touchant la plage. Soixante-dix hommes débarquent en embarcations pour y mettre le feu. Ils sont accueillis par une fusillade des plus vives depuis toutes les hauteurs dominant le port, mais ne quittent le bord qu’après s’être assurés que l’incendie se propage bien.

La prise de Cherchell est décidée et constitue le premier acte de la campagne de 1840. Le corps expéditionnaire fort d’environ 12 000 hommes quitte Blidah et Koléa en trois colonnes le 12 mars, se réunit le 13 mars au Bordj-el-Arbah, puis marche en colonne unique sur Cherchell. La résistance des Beni Menaceur et des Cherchellois, guidée par Malek Sahraoui el Berkani — khalife de l’Émir Abdelkader pour la région — retarde l’avancée française jusqu’au 15 mars. Le 15 mars 1840 à dix heures du matin, l’armée française arrive devant la ville. Les habitants l’ont évacuée. Les Kabyles ont fermé les portes de la cité : deux coups de canon suffisent à les abattre. Le 17ème léger entre dans la place et le pavillon tricolore est immédiatement hissé. Bilan : aucun militaire tué sur le terrain, mais 70 officiers, sous-officiers et soldats blessés, dont un seul mourra de ses blessures.

Dès le 20 septembre 1840, le gouverneur général de l’Algérie ordonne le séquestre de toutes les propriétés des Cherchellois n’ayant pas réclamé leurs biens avant le 1er octobre. Un plan de colonisation est immédiatement arrêté : 100 familles européennes reçoivent chacune une maison en ville et 10 hectares de terre en banlieue, avec exemption d’impôts pendant dix ans. Les habitants algériens sont refoulés vers les montagnes environnantes. Les premiers colons affluent. On compte vers 1847 environ 1 000 Européens, dont la moitié Français, attirés par les avantages concédés. En 1854, Cherchell est organisée en commune avec une population européenne dépassant un millier d’âmes.
Ainsi Cherchell, héritière de Juba II et des empereurs romains, entrait dans une ère nouvelle, bâtie sur les ruines de l’ancienne…
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