Un reportage de Vivant Beaucé pour le journal l’Illustration – 1849 – 1851

J’ai déjà évoqué le personnage de Vivant Beaucé dans un article publié le 15 octobre 2025 et intitulé « un journaliste nommé Vivant Beaucé« .
En novembre 1848, le ministère des Colonies propose au peintre et illustrateur Vivant Beaucé une mission en Algérie : raconter le périple des colons des convois. Vivant accepte et décide de s’embarquer avec sa femme et sa fille sur le convoi N°12, à destination de Marengo, Zurich et Novi. Il enverra régulièrement ses textes, illustrés de ses propres dessins, qui paraîtront sous forme de feuilleton dans le journal L’Illustration de 1849 à 1851, sous le titre « Journal du voyage d’un colon ». Au bout d’un an à Zurich, lassé par les difficultés et les malheurs, la famille rentrera à Paris. Un an plus tard il décrira l’arrivée à Cherchell et sa première découverte de l’Algérie. Puis enfin, en 1851, il publiera un troisième texte, « Les colons de Zurich, province d’Alger », qui nous éclaire sur cette terrible première année en Algérie.
Une chance qu’il ait choisi « notre » convoi…
Mais retrouver son texte complet n’est, curieusement, pas une chose facile. Les diverses biographies existantes sur le net sont assez imprécises et n’indiquent pas les numéros exacts (beaucoup d’erreurs !) des exemplaires de l’Illustration dans lesquels on peut lire son reportage sur son périple en Algérie. Une réédition a été publiée en 1997 mais l’ouvrage est à présent introuvable. Il est possible de retrouver ses dessins sous forme de gravures mais la collection disponible sur internet est, là aussi, incomplète.
Aussi j’ai décidé de publier, sous forme de feuilleton le texte complet car il est essentiel pour comprendre ce que nos ancêtres, Jacques Chapotin et sa fille Ernestine, ont vécu lors de leur voyage destination des villages à créer : Marengo, Zurich et Novi.
Voici les références exactes, pour ceux que cela intéresse, des exemplaires du journal l’Illustration à consulter :
Journal d’un colon (1848)
- l’Illustration volume 13 numéro 326 du 26 mai 1849 : article introductif.
- l’Illustration volume 13 numéro 327 du 2 juin 1849 : le départ de Paris le 19 novembre 1848 jusqu’à l’arrivée à Nevers le 26 novembre.
- l’Illustration volume 13 numéro 328 du 9 juin 1849 : du 27 novembre au 2 décembre et l’arrivée à Avignon.
- l’Illustration volume 13 numéro 329 du 16 juin 1849 : du 3 décembre au 4 décembre et l’arrivée à Marseille.
- l’Illustration volume 13 numéro 330 du 23 juin 1849 : du 4 décembre au 7 décembre et l’arrivée dans le port de Cherchell.
Dans ce même hebdomadaire, deux mois plus tard le 25 août, Beaucé informe le journal que le publication de son récit a soulevé de vives polémiques au sein de la communauté des colons et qu’il a même reçu des menaces ! Six mois plus tard le 9 mars 1850, Vivant Beaucé et sa petite famille sont rentrés, lassés des difficultés rencontrées. Il promet de publier prochainement la suite de son récit. Dans cette deuxième partie l’auteur raconte l’arrivée et le séjour à Cherchell et le départ vers Zurich.
Scènes de la vie à Cherchell (1848)
- l’Illustration volume 15 numéro 368 du 16 mars 1850 : Cherchell, 7 décembre 1848.
- l’Illustration volume 15 numéro 370 du 30 mars 1850 : Cherchell, la suite.
- l’Illustration volume 15 numéro 372 du 13 avril 1850 : Les vestiges romains.
- l’Illustration volume 15 numéro 374 du 27 avril 1850 : Les Arabes
- l’Illustration volume 15 numéro 379 du 1er juin 1850 : Description de la région.
- l’Illustration volume 15 numéro 381 du 15 juin 1850 : Les peuples de Cherchell.
Beaucé publiera un an plus tard un dernier article, récit des malheurs survenus en 1849 avec les épidémies de choléra et de paludisme.
- l’Illustration volume 17 numéro 427 du 1er mai 1851 : Les colons de Zurich.
Vivant Beaucé (1818-1876)
Vivant Beaucé naît le 1er janvier 1818 à Nolay, en Côte-d’Or. Il est le fils de Nicolas Beaucé et Françoise Sainte, mariés à Nolay en février 1817. Sa famille, originaire de Saône-et-Loire, remonte du côté paternel à Louis Beaucé et Marie Jeanne Terrot, mariés à Saint-Jean-des-Vignes en 1756.
Beaucé se forme comme peintre, dessinateur et illustrateur. Dès 1842, il travaille comme illustrateur pour l’éditeur Léon Curmer, contribuant au Jardin des Plantes et à diverses planches gravées. Il expose au Salon de Paris à partir de 1843.
À cette époque, il se distingue en réalisant parmi les premières affiches lithographiées en France, à l’instar de Tony Johannot ou Paul Gavarni, servant de réclame aux éditeurs (notamment pour l’Armorial universel). Il pratique également la gravure sur bois et illustre de nombreux livres et périodiques.
Carrière d’illustrateur (1841-1846)

Parmi ses principaux travaux d’illustration, on compte :
- Le Goguettier de Louis-Agathe Berthaud, avec Paul Gavarni (Curmer, 1841)
- Le Jardin des Plantes de L. Curmer (1842)
- Contes du temps passé (Curmer, 1843)
- L’Ancienne Auvergne et le Velay (Desrosiers, 1843)
- Histoire de Louis-Philippe Ier d’Amédée Boudin et Félix Mouttet (1845)
- Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas (Fellens & Dufour, 1845-1846), avec des dessins gravés par Adolphe Gusman — illustrant le roman au même titre que son cousin issu de germain Jean-Adolphe Beaucé (1818-1875), lui aussi peintre, avec qui il est parfois confondu
- Le Loup des mers de Crispiniano Bosisio (1846, comme imprimeur)
La mission en Algérie (1848-1851)
En novembre 1848, le ministère des Colonies confie à Beaucé une mission en Algérie. Il accompagne le 12e convoi de colons de 1848 parti de Paris et tient un journal de son voyage, qu’il publie sous forme de feuilleton dans L’Illustration, journal universel.
Le journal est illustré par Beaucé lui-même. Il sera réédité en 1997 par M. Bel (Nice) sous le titre Le journal du voyage d’un colon de 1848.
Le voyage à Saint-Pétersbourg (1853-1867)
Après son retour d’Algérie, Beaucé entreprend un long séjour à Saint-Pétersbourg, où il travaille de 1853 à 1867. Il y réalise des portraits et des paysages qu’il ramène en France.
Dernières années
De retour à Paris, il continue son activité d’artiste. Le musée d’Orsay conserve un portrait photographique de lui signé Étienne Carjat, datant d’environ 1870. Il publie également un portrait de Victor Jacquemont dans Le Magasin pittoresque (1851).
Vivant Beaucé meurt le 18 mars 1876 à Paris, dans le 9e arrondissement, à l’âge de 58 ans.
Sources : Wikipédia (avec compléments), data.bnf.fr, thèse de Slimane Ait Sidhoum (Montpellier 3, 2013), Cairn.info, Brill, archives de l’état civil (Paris, Côte-d’Or, Saône-et-Loire).
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