Epilogue II
La décision finale fut donc pour la voie étroite. Outre le coût bien moindre, cette voie étroite permettait de rejoindre la gare de El Affroun à 19 kilomètres et prendre soit le train « rapide » pour Alger, soit pour Oran. A El Affroun, les deux gares, celle du PLM et celle des CFRA n’étaient pas connectées. Il fallait se déplacer de l’une à l’autre.

Revenons sur la justesse de cette décision en comparant les deux types de voies.
L’écartement des rails — c’est-à-dire la distance mesurée entre les faces internes des deux rails — est l’un des paramètres fondamentaux qui définissent un chemin de fer. La référence universelle est la voie normale, dont l’écartement est fixé à 1 435 mm (soit 4 pieds 8 pouces et demi), standard issu des premières lignes britanniques et adopté progressivement par la majorité des réseaux européens et nord-américains.
La voie étroite : s’adapter au terrain
On parle de voie étroite dès lors que l’écartement est inférieur à ce standard. Les écartements les plus courants sont 1 000 mm (voie métrique), 914 mm (3 pieds), ou encore 750 mm. Son principal avantage réside dans sa capacité à s’inscrire dans des rayons de courbure beaucoup plus resserrés, ce qui lui permet de suivre fidèlement les reliefs sans nécessiter de coûteux ouvrages d’art — tunnels, viaducs, tranchées profondes. Elle était de ce fait moins onéreuse à construire et à exploiter, ce qui en a fait la solution privilégiée dans les régions de montagne, les dessertes locales, ou dans les contextes où les budgets étaient contraints. On la retrouvait également dans des milieux très restreints comme les mines et les carrières, où la maniabilité primait sur la capacité de charge.
La voie normale : vitesse et puissance
En contrepartie, la voie étroite présentait des limitations : les trains y étaient plus légers, les vitesses plus modestes, et le transbordement des marchandises devenait nécessaire lorsque les deux types de réseaux se raccordaient— un inconvénient économique non négligeable. La voie normale, plus rigide dans ses exigences de tracé, autorisait en revanche la circulation de convois plus lourds à des vitesses bien supérieures.



Le 19 janvier 1887, le préfet d’Alger lançait officiellement l’appel d’offres pour la portion El Affroun à Marengo longue de 19,8 kilomètres.

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